In Vino Veritas

In Vino Veritas

Six romans policiers entre les vignes de Jussy et les rives du Léman.

« La vérité est dans le vin, et même dans son reflet. »
— In Vino Veritas, tome I

Jussy, campagne genevoise. Au domaine de Radey, deux frères jumeaux se partagent un château, des coteaux de gamay et une haine tenace. Quand une stagiaire disparaît d’une chambre fermée de l’intérieur, chacun engage son propre enquêteur.

D’un côté, Paul Van den Heuvel, ancien inspecteur de la police judiciaire, détective sur le retour et buveur au long cours. De l’autre, Caroline Belami, jeune avocate qui n’a pas l’intention de perdre. Tout les oppose. Ils vont devoir travailler ensemble.

Au fil de six enquêtes, de la Jonction à Champ-Dollon, des caves de Jussy à une régate de nuit sur le Léman, le domaine de Radey livre ses secrets un à un. Et Paul compte ses jours sans alcool.

Les six romans

Chaque tome se lit seul ; dans l’ordre, ils racontent l’histoire d’une famille.

  1. Couverture de In Vino VeritasIIn Vino Veritas
  2. Couverture de Les Vendanges du DiableIILes Vendanges du Diable
  3. Couverture de La Nuit des BougiesIIILa Nuit des Bougies
  4. Couverture de Le Frère de l’ombreIVLe Frère de l’ombre
  5. Couverture de Les Cendres des sarmentsVLes Cendres des sarments
  6. Couverture de La Larme d’orVILa Larme d’or
Couverture de In Vino Veritas, tome I de la série In Vino Veritas

Tome I In Vino Veritas

« Dans le vin, la vérité. »

Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XIV

Une stagiaire disparaît d’une chambre fermée de l’intérieur, dans un domaine viticole genevois tenu par deux jumeaux ennemis. Chacun engage son propre enquêteur : un détective alcoolique sur le retour, une avocate ambitieuse. Tout les oppose. Ils vont devoir travailler ensemble.

L’action · Septembre 2026Le décor · Jussy, campagne genevoise

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Prologue — Les vignes

La lune s’était levée tard sur la campagne genevoise, et elle avait l’air de le regretter. Elle pendait au-dessus des coteaux de Jussy comme une lanterne oubliée, trop pâle pour éclairer vraiment, juste assez pour découper les rangs de vigne en longues lignes noires qui filaient vers la forêt.

Tamara courait.

Elle courait pieds nus depuis longtemps déjà, depuis qu’elle avait perdu ses sandales dans le fossé, au bas du chemin. Les cailloux lui mordaient la plante des pieds, les sarments lui fouettaient les bras. Elle ne sentait plus rien de tout cela. Elle ne sentait que son cœur, énorme, qui cognait jusque dans sa gorge, et le bruit du moteur derrière elle.

Une camionnette. Elle l’avait reconnue au premier coup d’œil, avant même que les phares ne l’aveuglent : le vieux Ford blanc du domaine, celui dont la portière arrière fermait mal et qui sentait le soufre et le moût. Elle y était montée cent fois depuis le début de l’été, pour aller porter des caisses au caveau ou rapporter des sécateurs de l’atelier. Ce soir, il la chassait comme on chasse un lièvre.

Les phares balayèrent le rang voisin. Tamara se jeta à plat ventre entre deux ceps. La terre était encore tiède de la journée, elle sentait l’herbe coupée et le cuivre des traitements. Elle retint son souffle. La camionnette passa au pas, à dix mètres, moteur ronronnant, puis s’arrêta.

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Couverture de Les Vendanges du Diable, tome II de la série In Vino Veritas

Tome II Les Vendanges du Diable

« Il faut couper beaucoup pour que la vigne donne. »

Dicton de vigneron

Un banquier est repêché dans le Rhône, un notaire meurt d’un vin de noix empoisonné, une villa brûle à Cologny. Sur chaque victime, un nom tracé à l’encre violette, puis rayé. Paul et Caroline découvrent que la liste remonte à quinze ans, à une nuit de contrebande à la frontière de Moillesulaz, et que le nom de Paul y figure.

L’action · Septembre 2027Le décor · Genève, Cologny, Moillesulaz

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Prologue — La Jonction

À Genève, il existe un endroit où deux eaux refusent de se mêler.

On l’appelle la Jonction. C’est la pointe extrême de la ville, une langue de terre et de béton qui s’avance entre deux rivières comme la proue d’un navire immobile. D’un côté arrive le Rhône, sorti du lac, bleu, limpide, presque turquoise sous le soleil, un Rhône de carte postale. De l’autre arrive l’Arve, descendue de Chamonix, grise, épaisse, chargée du limon des glaciers, une rivière de montagne qui gronde et charrie. Elles se rencontrent au pied de la pointe, et pendant des centaines de mètres, elles coulent côte à côte sans se toucher, le bleu à droite, le gris à gauche, séparés par une ligne nette comme un trait de plume. Les touristes la photographient depuis le pont de la Jonction. Les Genevois n’y font plus attention.

Cette nuit-là, à trois heures du matin, il n’y avait ni touristes ni Genevois. Il y avait la pluie fine de septembre, les réverbères du boulevard Carl-Vogt qui se reflétaient en traînées jaunes sur l’eau, et le grondement de l’Arve, qui ne s’arrête jamais.

Et il y avait un homme sur la passerelle.

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Couverture de La Nuit des Bougies, tome III de la série In Vino Veritas

Tome III La Nuit des Bougies

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice. »

Évangile selon Matthieu, 5, 6

À Champ-Dollon, un détenu est retrouvé pendu dans sa cellule, un prénom rayé à l’encre violette sur l’oreiller. Le coupable semble tout désigné. Puis, un soir, une femme frappe à la porte du château de Radey : une sœur que la famille croyait morte dans une avalanche quatorze ans plus tôt. Quand le gel d’avril s’abat sur Jussy et que des milliers de bougies s’allument dans les vignes, quelqu’un attend dans le noir.

L’action · Mars – avril 2028Le décor · Champ-Dollon, Jussy

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Prologue — Champ-Dollon

La prison de Champ-Dollon ne dort jamais tout à fait.

Elle est posée dans la campagne de Puplinge, à quelques kilomètres de la ville, au milieu des champs de colza et des petits bois, comme un gros paquebot de béton échoué dans un pré. Elle a été construite pour deux cent soixante-dix détenus. Elle en contient, selon les années, le double. La nuit, quand les portes sont fermées et que les lumières des coursives baissent d’un cran, elle continue de respirer : des toux, des radios, des chasses d’eau, des voix qui s’appellent d’une fenêtre à l’autre, dans toutes les langues de la terre, des pas de gardiens sur le linoléum, des clés, toujours des clés.

Le 2 mars 2028, à trois heures dix du matin, l’agent de détention Fabrice Grandjean commença sa ronde dans l’aile sud, au deuxième étage, avec dix minutes de retard. Il avait trente-quatre ans, deux enfants, un crédit sur une maison mitoyenne à Thônex, et une douleur dans le genou gauche qui le faisait boiter les nuits de pluie. Il pleuvait.

Il allait de porte en porte, et à chaque porte il faisait glisser le petit volet d’acier de l’œilleton, jetait un coup d’œil, refermait. Un homme qui dort sur le dos. Un homme qui dort sur le ventre. Un homme assis sur son lit, qui le regarde, et qui ne dit rien. Un homme qui dort avec la lumière de sa télévision qui clignote sur son visage. Tout le monde était là. Tout le monde respirait.

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Couverture de Le Frère de l’ombre, tome IV de la série In Vino Veritas

Tome IV Le Frère de l’ombre

« Voici, oh ! qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! »

Psaume 133

Un professeur de Lausanne affirme que Thomas Bach n’est pas mort dans l’avalanche de 2014, mais d’un coup porté avec un bâton de ski. Les soupçons se tournent vers la famille de Radey. En remontant le fil, Paul et Caroline tombent sur un nom qui n’apparaît sur aucun registre de la famille, celui d’un architecte de Choulex, Vénérable d’une loge maçonnique.

L’action · Octobre – décembre 2028Le décor · Choulex, Jussy

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Prologue — Choulex, 1987

On lui avait bandé les yeux dans la voiture.

C’était une nuit de juin, chaude, lourde, une nuit d’orage qui ne venait pas. Le jeune homme était assis à l’arrière d’une berline qui sentait le cuir et le cigare, entre deux hommes qui ne parlaient pas. Il avait vingt et un ans. Il portait un pantalon noir, une chemise blanche dont on lui avait fait déboutonner le col, et sa chaussure gauche n’était lacée qu’à moitié, comme on le lui avait demandé, sans lui expliquer pourquoi. Il sentait les virages de la route de Choulex, les cahots d’un chemin de terre, l’odeur des foins coupés par la vitre entrouverte. Puis la voiture s’arrêta, et on le fit descendre.

On le guida par le bras. Du gravier sous ses pieds. Une porte qui grinçait. Une odeur de vieille pierre, de cire, de vin. Des marches, beaucoup de marches, qui descendaient. Il compta jusqu’à dix-neuf. Puis un sol plat, froid, et un silence si épais qu’il entendait battre son propre cœur.

Quelqu’un frappa trois coups sur une porte de bois. Une voix, de l’autre côté, demanda qui était là. Une voix, à côté de lui, répondit à sa place, avec des mots qu’il ne comprenait pas. La porte s’ouvrit.

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Couverture de Les Cendres des sarments, tome V de la série In Vino Veritas

Tome V Les Cendres des sarments

« On ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. »

Évangile selon Jean, 15, 6

Après cinq cent soixante-dix jours sans un verre, Paul Van den Heuvel rechute sans raison. On l’envoie à La Lanterne, une clinique au bord du lac, à Nyon, très onéreuse. Pendant ce temps, au château, on tourne un film. Une nuit de gel, l’actrice principale se réveille droguée et agressée ; tout accuse Eduardo. Enfermé, Paul ne peut qu’écouter, et déduire.

L’action · Printemps 2029Le décor · Nyon, Jussy

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Prologue — La tourelle, 1994

Il y a des pluies d’octobre qui ne tombent pas : elles s’installent. Celle du jeudi 20 octobre 1994 s’était installée sur Jussy dès le matin, sur les tuiles brunes du château, sur les vignes vendangées qui ne gardaient plus que leurs feuilles rousses et l’odeur aigre du marc. À quatre heures de l’après-midi, il faisait presque nuit.

C’est à quatre heures qu’Élisabeth de Radey ouvrit le tiroir.

Elle ne cherchait rien. Elle le dirait à Dieu, si Dieu lui demandait des comptes : elle cherchait un timbre. Son mari était à Genève, chez son notaire. Le bureau sentait le cuir, le tabac froid et l’encre noire dont il signait tout. Le premier tiroir était fermé à clé. La clé était dans le second. Trente-trois ans de mariage lui avaient appris où Henri rangeait ses clés, et à ne jamais s’en servir.

Il y avait d’abord une médaille, une petite larme d’argent sur un ruban noir. Sous la médaille, une liasse retenue par un élastique fatigué. Des talons de virements postaux, des dizaines, des centaines peut-être, tous du même montant, tous au même nom. R. Winteler, chemin des Briffods, Choulex. Le premier datait d’août 1966. Puis des reçus de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, au nom d’un étudiant qui s’appelait Patrick Winteler. Puis une carte de bristol, une seule, d’une écriture penchée, élégante, aux majuscules dessinées comme sur un plan.

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Couverture de La Larme d’or, tome VI de la série In Vino Veritas

Tome VI La Larme d’or

« Recueille mes larmes dans ton outre. »

Psaume 56, 9

Le château de Radey parraine une régate de nuit entre Genève et Morges, dont le trophée est une larme d’or massif. Au retour, dans l’orage, le voilier noir du fils d’un milliardaire de Dubaï démâte au large d’Hermance, et sa compagne, une mannequin danoise, disparaît dans le lac. Tout accuse le jeune skipper. Mais Paul sait reconnaître un ivrogne qui ne boit pas, et un trou noir qu’on a creusé.

L’action · Août 2030Le décor · Le Léman, d’Hermance à Morges

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Prologue — Le joran

Sur le Léman, le joran ne prévient pas. Il descend du Jura comme on descend un escalier dans le noir : d’un coup, et tout entier. Les vieux de Morges disent qu’on le sent venir à l’odeur, une odeur de foin mouillé et de pierre froide, une minute avant le premier coup. Une minute. C’est tout ce que le lac accorde.

Le dimanche 18 août 2030, un peu après dix heures du soir, au large d’Hermance, Freja Hansen ne sentit rien du tout.

Le lac était d’huile. Depuis vingt minutes, le vent était tombé comme on lâche un objet, et Syzygy glissait à peine, sa grande voile noire pendue au mât, la bôme qui grinçait d’un bord à l’autre au rythme d’une houle qu’on ne voyait pas. Au nord, la côte vaudoise n’était plus qu’une ligne de lumières jaunes, Coppet, Versoix, la rade de Genève au bout, comme un collier posé sur du velours. Au sud, plus près, les lampadaires d’Hermance et, au-delà de la frontière qu’on ne voyait pas non plus, ceux de Nernier. Il faisait chaud. Une chaleur épaisse, immobile, qui collait la chemise au dos.

Au-dessus du Jura, le ciel était noir. Pas noir de nuit. Noir d’encre.

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Les personnages

Ils reviennent d’un tome à l’autre, vieillissent, changent, et ne se pardonnent pas tout.

Paul Van den HeuvelDétective privé, ancien inspecteur de la police judiciaire genevoise
La soixantaine, une veste de tweed froissée, une Opel Rekord de 1984 que tout le monde appelle « la rouille ». Il soupçonne tout le monde, il compte ses jours sans alcool, et sa mémoire revient toujours, au bout d’un moment. Généralement trop tard.
Caroline BelamiAvocate au barreau de Genève
Ambitieuse, rapide, drôle, et nettement plus têtue que lui. Engagée par l’autre camp, elle croise le fer avec Paul dès la première enquête. Elle croit les témoins que personne ne croit.
Didier de RadeyMaire de Jussy, vigneron du domaine de Radey
Le foulard de soie, la voix « comme un vieux bourgogne » et une citation latine pour chaque occasion. Il a un frère jumeau, un château trop grand et une famille qui garde ses secrets à la cave.
AntoineMajordome du château
Gilet de velours prune, R roulés, une phrase d’opéra fredonnée dans chaque escalier. Il sait tout ce qui se passe au château et n’en dit jamais qu’une partie.
EduardoL’homme des vignes
Une barbe noire, des épaules de colosse et un Nossa Senhora pour chaque catastrophe. Le premier qu’on accuse quand quelque chose tourne mal au domaine.
Le commissaire RochatPolice judiciaire, boulevard Carl-Vogt
Ancien adjoint de Paul, moustache couleur de sel, pulls tricotés par sa femme. Il l’aide en répétant Je ne devrais pas faire ça, et il le fait quand même.

L’intégrale

Les six tomes réunis en un seul volume, dans l’ordre de leur parution, avec les couvertures et les épigraphes de chaque roman.

  • IIn Vino Veritas
  • IILes Vendanges du Diable
  • IIILa Nuit des Bougies
  • IVLe Frère de l’ombre
  • VLes Cendres des sarments
  • VILa Larme d’or

Relié · format 15,2 × 22,9 cmNumérique · EPUB

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Couverture de In Vino Veritas, l’intégrale, tomes I à VI

L’auteur

George Oliver est le nom de plume d’un auteur genevois. Il connaît les coteaux de Jussy, les bords du Léman et les rues de Carouge, et il aime les histoires où la vérité se cache au fond d’une cave.

In Vino Veritas est sa première série : six enquêtes de Paul Van den Heuvel et Caroline Belami, publiées par Mediamax Sàrl.

George Oliver

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